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Réuni à Montréal (Canada) du 6 au 9 octobre 2004, le 2ème Congrès mondial contre la peine de mort, organisé par "Ensemble contre la peine de mort" et "Penal Reform International", avec le soutien de la "Coalition mondiale contre la peine de mort", en présence d'abolitionnistes du monde entier, se réjouit qu'une majorité de pays du monde ait aboli la peine capitale ou renoncé depuis plus de 10 ans à procéder à des exécutions. Le Congrès se félicite de l'abolition récente de la peine capitale par la Turquie, par le Bouthan, par les Iles Samoa et par la Serbie-Monténégro. Il s'insurge de la reprise des exécutions au Liban, au Tchad en Indonésie, en Inde et du rétablissement de la peine capitale en Afghanistan et en Irak. Il réprouve le maintien de la peine de mort dans 78 pays, notamment la Chine, les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, l'Iran, Singapour, le Guatemala et Cuba. Alors que les juridictions pénales internationales jugent les crimes les plus graves en excluant la peine de mort, le Congrès s'inquiète que la lutte anti-terroriste, pour nécessaire qu'elle soit, s'accompagne d'un recours accru à la peine capitale. Les condamnations à mort en Indonésie et au Maroc ainsi que les réquisitions de mort annoncées aux Etats-Unis dans des procès de personnes accusées de terrorisme, sont une preuve de faiblesse et une erreur fondamentale. Le Congrès s'associe aux Espagnols et aux Turcs qui, frappés par des attentats récents, n'ont pas envisagé le rétablissement de la peine de mort. Plus que jamais, le Congrès demande l'arrêt immédiat de toute exécution en vue de l'abolition universelle de la peine de mort. Aujourd'hui, la peine de mort est reconnue comme une violation des droits humains et un traitement cruel, inhumain et dégradant. Le Congrès souligne l'importance fondamentale de la ratification des traités internationaux et régionaux prohibant le châtiment capital. Le Congrès rappelle que le caractère dissuasif
de la peine de mort n'a jamais été démontré.
Le Congrès rappelle que les exécutions ne sauraient réparer la douleur des victimes et se félicite que de plus en plus de familles de victimes, notamment aux Etats-Unis, s'engagent contre la peine capitale. Le Congrès demande aux Etats de développer des mécanismes de prise en charge des victimes. La sensibilisation des responsables des politiques pénales et pénitentiaires dans les pays qui pratiquent la peine de mort est une priorité. De même, l'action auprès de la Commission des Nations unies pour la prévention du crime et la justice pénale doit accompagner celle menée auprès de la Commission des droits de l'homme des Nations unies. Enfin, l'abolition de la peine de mort permet une réflexion approfondie sur les peines prévues pour les crimes les plus graves, dans le but de sanctionner le criminel tout en travaillant à sa réhabilitation. LE CONGRES ADOPTE 4 RECOMMANDATIONS PRIORITAIRES :
*** En liaison avec les Etats abolitionnistes et avec le relais des médias, le Congrès appelle :
L'Union européenne, tous les Etats abolitionnistes, notamment le Canada et la Turquie, sont appelés à soutenir ces initiatives. Enfin, les abolitionnistes sont invités à continuer sans relâche à sensibiliser les opinions publiques des Etats ayant aboli aux raisons profondes de l'abolition de la peine capitale. Fait à Montréal, le 8 octobre 2004. 2ème Congrès mondial contre la peine de mort,
Montréal, 6 au 9 octobre 2004. |