Dans un discours prononcé, le 21 septembre 2004,
à New York, devant l'Assemblée générale
des Nations unies, George W. Bush a défendu sa décision
d'intervenir en Irak, en soulignant que la coalition menée
par les Américains avait fait respecter "les justes
exigences du monde" envers l'Irak.
"Le dictateur [irakien Saddam Hussein] avait accepté
en 1991 de respecter toutes les résolutions du Conseil
de sécurité, puis il les a ignorées pendant
plus de dix ans", a rappelé le président américain.
L'éviction de Saddam Hussein a délivré le
peuple irakien d'"un dictateur hors-la-loi".
George Bush a indiqué que la bonne réponse à
apporter aux événements en Irak n'était pas
de quitter ce pays mais d'y triompher. Il a exhorté les
Nations Unies et les Etats à "faire plus pour aider
à construire un Irak sûr, démocratique, fédéral
et libre". "Les forces de la coalition qui se trouvent
en Irak luttent contre le terrorisme afin que les nations pacifiques
dans le monde n'aient pas à l'affronter chez elles",
a-t-il assuré.
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Photo Maison Blanche.
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Il a souligné que l'Irak et l'Afghanistan étaient
aujourd'hui "sur la voie de la démocratie et de la
liberté", avertissant que les attaques terroristes
allaient cependant augmenter. Il a exhorté la communauté
internationale à combattre l'extrémisme et la terreur
"avec justice et dignité". "Nous devons
lutter contre ces assassins et détruire les réseaux
terroristes", a-t-il ajouté.
Le président américain est également évoqué
le processus de paix au Proche-Orient. Il a appelé les
dirigeants mondiaux à cesser tout contact avec le président
de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, "qui
ne sert pas son peuple et trahit sa cause" et a demandé
à Israël de geler les implantations juives dans les
territoires occupés.
Enfin, évoquant la crise du Darfour, George Bush a appelé
le gouvernement soudanais à "respecter le cessez-le
feu qui a été signé et à arrêter
les tueries".
Le président américain a proposé la création
d'un fonds des Nations Unies pour la démocratie
dans le but d'aider les pays "à poser les bases de
la démocratie en instituant l'Etat de droit, des tribunaux
indépendants, une presse libre, des partis politiques et
des syndicats".
GEORGE W. BUSH : "LUTTER AVEC JUSTICE ET DIGNITE CONTRE L'EXTREMISME ET LE TERRORISME"
Le discours prononcé par George W. Bush
devant l'Assemblée générale des Nations unies,
le 21 septembre 2004 :
Le peuple américain respecte l'idéalisme qui
a donné naissance à cette organisation. Et nous
respectons les hommes et les femmes de l'ONU qui défendent
la paix et les droits de l'homme dans chaque région du
monde. Bienvenue à New York, et bienvenue aux Etats-Unis
d'Amérique.
Au cours des trois dernières années, je me suis
adressé à cette Assemblée générale
en des temps tragiques pour mon pays, et à des moments
où nous devions tous prendre des décisions. Aujourd'hui,
nous nous trouvons à une période de possibilités
extraordinaires pour l'ONU et pour toutes les nations pacifiques.
Depuis des décennies, le cercle de la liberté, de
la sécurité et du développement s'étend
dans notre monde. Ce progrès a apporté l'unité
à l'Europe, l'autonomie à l'Amérique latine
et à l'Asie, et un espoir renouvelé à l'Afrique.
Maintenant, nous avons une chance historique d'agrandir ce cercle
encore plus, et de lutter avec justice et dignité contre
l'extrémisme et le terrorisme afin de trouver une vraie
paix, fondée sur la liberté de l'homme.
Les Nations unies et mon pays ont en commun des engagements
très profonds. Tant la Déclaration d'indépendance
américaine que la Déclaration universelle
des droits de l'homme proclament l'égalité de
valeur et la dignité de chaque vie humaine. Cette dignité
est respectée par la règle de droit, la limitation
des pouvoirs de l'Etat, le respect des femmes, la protection de
la propriété privée, la liberté de
parole, l'égalité devant la loi et la tolérance
religieuse. Cette dignité est par contre bafouée
par l'oppression, la corruption, la tyrannie, le sectarisme,
le terrorisme et la violence contre les innocents. Nos deux documents
fondateurs affirment en outre que la nette ligne de démarcation
entre la justice et l'injustice - entre le bien et le mal - est
la même à chaque époque, dans chaque culture
et dans chaque nation.
Les gouvernements avisés défendent également
ces principes pour des raisons très pratiques et réalistes.
Nous savons que les dictateurs choisissent facilement l'agression,
alors que les nations libres s'efforcent de régler leurs
différends dans la paix. Nous savons que les gouvernements
oppressifs soutiennent la terreur, alors que les gouvernements
libres pourchassent les terroristes en leur sein. Nous savons
que les peuples libres chérissent le progrès et
la vie au lieu de s'adonner aux idéologies meurtrières.
Chaque nation amoureuse de la paix profitera des dividendes
d'un monde plus libre. Et chaque nation avide de paix a le devoir
d'aider à bâtir ce monde. Au bout du compte, il n'y
a pas moyen de s'isoler des réseaux terroristes, ni des
Etats déchus qui les abritent, ni des régimes hors-la-loi,
ni des armes de destruction massive. Au bout du compte, faire
semblant de ne rien voir ou chercher à mener une vie tranquille
en se moquant des difficultés et de la souffrance des autres
ne garantit pas la sécurité.
A l'aube de ce siècle, notre monde a besoin d'une
nouvelle définition de la sécurité. Notre
sécurité ne relève pas simplement de questions
d'influence ou d'un quelconque équilibre des pouvoirs.
La sécurité de notre monde dépend du progrès
des droits de l'humanité.
Ces droits se propagent dans le monde entier - et dans le monde
entier, les ennemis des droits de l'homme réagissent par
la violence. Les terroristes et leurs alliés croient que
la Déclaration universelle des droits de l'homme et la
Déclaration américaine des droits, ainsi que toute
charte relative à la liberté, sont des mensonges
qu'il faut brûler, détruire et oublier. Ils croient
que les dictateurs doivent contrôler chaque esprit et chaque
parole dans le Moyen-Orient et au-delà. Ils sont convaincus
que le suicide, la torture et l'assassinat sont pleinement justifiés
au regard des objectifs qu'ils se sont fixés. Et ils agissent
conformément à ces convictions.
Rien que cette année, des terroristes ont attaqué
des commissariats, des banques, des trains de banlieue et des
synagogues - sans oublier une école pleine d'enfants. Ce
mois-ci [septembre 2004], à Beslan, nous avons vu, une
fois de plus, comment les terroristes mesurent leur succès
: dans la mort de l'innocent, et dans la douleur des familles
endeuillées. Svetlana Djebisov a été prise
en otage, avec son fils et son neveu - son neveu n'a pas survécu.
Récemment, elle s'est rendue au cimetière et a vu
ce qu'elle a appelé les "petites tombes". Elle
a dit : "Je sais bien qu'il y a du mal dans le monde. Mais
ces jeunes créatures, qu'ont-elles donc fait de mal ?"
Messieurs les délégués, ces enfants russes
n'avaient rien fait pour mériter une telle souffrance,
une telle frayeur et une telle mort. Les peuples de Madrid, de
Jérusalem, d'Istanbul et de Bagdad n'ont rien fait pour
mériter des assassinats soudains et aveugles. Ces actes
vont à l'encontre des normes de justice dans toutes les
cultures, et des principes de toutes les religions. Toutes les
nations civilisées sont dans le même bateau, et elles
doivent toutes lutter contre les assassins.
Nous sommes résolus à détruire les
réseaux terroristes partout où ils agissent,
et les Etats-Unis sont reconnaissants envers toutes les nations
qui aident à saisir les avoirs des terroristes, à
pourchasser leurs agents et à perturber leurs plans. Nous
sommes résolus à mettre fin à la tutelle
qu'offrent certains Etats au terrorisme - et mon pays est reconnaissant
envers tous ceux qui ont participé à la libération
de l'Afghanistan. Nous sommes résolus à prévenir
la prolifération des armements et à faire respecter
les exigences du monde - et mon pays est reconnaissant envers
les soldats des nombreux pays qui nous ont aidés à
délivrer le peuple irakien de la férule d'un dictateur
hors-la-loi.
En 1991, ce dictateur avait accepté, comme condition
du cessez-le-feu, de respecter entièrement toutes les résolutions
du Conseil de sécurité. Or il s'est moqué
de ces résolutions pendant une décennie. Finalement,
le Conseil de sécurité a promis que ce mépris
à l'égard de l'ONU aurait des conséquences
graves. Mais les engagements que nous prenons doivent avoir une
signification. Lorsque nous parlons de "graves conséquences",
au nom de la paix, elles doivent l'être. C'est ainsi qu'une
coalition de pays est intervenue pour faire respecter les justes
exigences du monde. Défendre nos idéaux est vital,
mais insuffisant. Notre mission élargie, en tant que membres
de l'ONU, est d'appliquer ces idéaux aux grandes questions
de notre temps. Notre objectif global est de promouvoir l'espoir
et le progrès comme solution de rechange à la haine
et à la violence. Notre noble objet est de bâtir,
par-delà la guerre et la terreur, un monde meilleur.
Parce qu'ils croient en la dignité de l'homme, l'Amérique et de nombreux autres pays ont établi un fonds mondial afin de lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme. En trois ans, les pays donateurs ont financé des projets dans plus de 90 pays, et se sont engagés à hauteur de 5,6 milliards de dollars pour financer ces efforts. Pour sa part, l'Amérique a mis en uvre une initiative de 15 milliards de dollars afin d'offrir des programmes de prévention, de traitement et de prise en charge dans les pays fortement touchés par le sida, concentrant ses efforts sur les 15 pays où les besoins sont les plus urgents. Le sida est la pire crise sanitaire de notre époque et l'engagement sans précédent que nous avons pris rendra l'espoir à ceux qui, depuis trop longtemps, marchent à l'ombre de la mort.
Parce qu'ils croient en la dignité de l'homme,
l'Amérique et de nombreux autres pays ont uni leurs efforts
pour affronter le fléau qu'est la traite des être
humains. Nous aidons les organismes qui sauvent les victimes,
adoptons des lois plus vigoureuses visant à juguler ce
trafic, et prévenons les voyageurs qu'ils s'exposent à
de graves conséquences s'ils appuient cette forme d'esclavage
des temps modernes. Nulle part au monde, des femmes et des enfants
ne doivent être exploités pour le plaisir ou pour
la cupidité.
Parce que nous croyons en la dignité de l'homme,
nous devrions prendre très au sérieux la protection
de la vie contre l'exploitation, quel qu'en soit le prétexte.
Lors de cette session, l'ONU examinera une résolution parrainée
par le Costa Rica exhortant à une interdiction générale
du clonage humain. Je suis en faveur de cette résolution
et demande instamment à tous les gouvernements d'affirmer
un principe d'éthique fondamental : aucune vie humaine
ne devrait jamais être produite ou détruite pour
le bénéfice d'une autre.
Parce qu'ils croient en la dignité de l'homme,
l'Amérique et de nombreux autres pays ont changé
leur façon de lutter contre la pauvreté, d'entraver
la corruption et d'apporter une aide. En 2002, nous avons adopté
le Consensus de Monterrey, une stratégie audacieuse
qui lie l'octroi d'une nouvelle aide par les pays industriels
à une véritable réforme dans les pays en
développement. Et, par le truchement du Compte du millénaire,
mon pays accroît son aide aux pays en développement
qui généralisent la liberté économique
et investissent dans l'éducation et la santé de
leurs populations.
Parce qu'ils croient en la dignité de l'homme,
l'Amérique et de nombreux autres pays ont pris des mesures
pour atténuer le fardeau écrasant de la dette, fardeau
qui limite la croissance des économies dans les pays en
développement et maintient des millions de personnes dans
la pauvreté. Depuis le début de ces efforts, en
1996, l'allégement de la dette pour les pays pauvres dont
le fardeau de la dette est le plus lourd s'est élevé
à plus de 30 milliards de dollars. Et, pour empêcher
l'aggravation de la dette future, mon pays et d'autres nations
sont tombés d'accord sur le fait que les institutions financières
internationales devraient privilégier une aide sous la
forme de dons plutôt que de prêts.
Parce qu'il croit en la dignité de l'homme, le
monde doit avoir des moyens plus efficaces pour stabiliser les
régions en proie aux troubles, mettre fin à la violence
à motif religieux et stopper le nettoyage ethnique. Les
Etats-Unis et l'Italie ont proposé une Initiative mondiale
sur les opérations de paix. Les pays du G8 formeront 75'000
soldats pour le maintien de la paix, originaires d'Afrique au
début, de façon à ce qu'ils puissent monter
des opérations sur ce continent et ailleurs. L'aide des
pays du G8 portera sur le déploiement de cette force de
maintien de la paix et sur les besoins logistiques.
A l'heure actuelle, le monde est témoin de terribles
souffrances et de crimes horribles dans la région du
Darfour au Soudan, des crimes que mon gouvernement a qualifiés
de génocide. Les Etats-Unis ont joué un rôle
clé lorsqu'il s'est agi de négocier un cessez-le-feu
et ils fournissent une aide humanitaire au peuple soudanais. Le
Rwanda et le Nigeria ont déployé des forces au Soudan
afin d'aider à améliorer la sécurité
et, ainsi, de faciliter l'acheminement de l'aide. Le Conseil de
sécurité a adopté une nouvelle résolution
qui appuie l'élargissement d'une force de l'Union africaine,
pour éviter de nouvelles effusions de sang; elle exhorte
aussi le gouvernement du Soudan à mettre fin aux vols d'avions
militaires au-dessus du Darfour. Nous félicitons les membres
du Conseil pour cette action appropriée et nécessaire.
Je demande instamment au gouvernement du Soudan de respecter le
cessez-le-feu qu'il a signé et d'arrêter la tuerie
au Darfour.
Parce qu'elles croient en la dignité de l'homme,
les nations pacifiques doivent appuyer les progrès de la
démocratie. Aucun autre système de gouvernement
n'a fait plus pour protéger les minorités, garantir
les droits des travailleurs, relever le statut des femmes, ou
investir l'énergie humaine dans la recherche de la paix.
Nous avons observé une multiplication des gouvernements
démocratiques dans les cultures à majorité
hindoue et musulmane, bouddhiste, juive et chrétienne.
Les institutions démocratiques ont pris racine dans des
sociétés modernes et dans des sociétés
traditionnelles. Lorsqu'il s'agit du désir de liberté
et de justice, il n'y a pas de conflit de civilisation. Tous les
peuples sont capables d'avoir la liberté et méritent
la liberté.
Réaliser pleinement la promesse d'un gouvernement représentatif prend du temps, comme l'Amérique l'a constaté en deux siècles de débats et de luttes. Il n'y a pas non plus une seule forme de gouvernement représentatif, parce que, par définition, les démocraties assument le caractère spécifique des peuples qui les ont créées. Mais, nous sommes sûrs d'une chose et c'est que le désir de liberté est inscrit dans chaque cur humain. Et ce désir ne peut être retenu à jamais par des murs de prison, ou des lois martiales, ou la police secrète. Avec le temps, et aux quatre coins de la planète, la liberté trouvera un moyen de triompher.
La liberté est en train de se frayer un chemin en
Irak et en Afghanistan, et nous devons continuer à
montrer notre attachement à la démocratie dans ces
nations. La liberté qui a coûté cher à
beaucoup doit être garantie. En tant que membres des Nations
unies, nous avons tous un enjeu à voir réussir les
démocraties les plus récentes du monde.
Il n'y a pas très longtemps, des régimes
dévoyés, à Bagdad et à Kaboul,
menaçaient la paix et parrainaient les terroristes.
Ces régimes ont déstabilisé l'une des régions
du monde les plus vitales et les plus explosives. Ils ont brutalisé
leur peuple, au mépris de toutes les normes de la civilisation.
Aujourd'hui, les peuples irakien et afghan sont sur
la voie de la démocratie et de la liberté. Les
gouvernements qui prennent corps aujourd'hui ne poseront plus
de menaces aux autres. Au lieu d'héberger des terroristes,
ils sont en train de se battre contre les groupes terroristes.
Et cette évolution positive est bonne pour la sécurité
à long terme de chacun d'entre nous.
Le peuple afghan fait preuve d'un courage extraordinaire
malgré des conditions difficiles. Il lutte pour défendre
son pays contre les derniers résistants talibans, et
apporte son aide à la lutte contre les tueurs terroristes.
Il est en train de relancer son économie. Il a adopté
une constitution qui protège les droits de tous, tout en
respectant les traditions les plus chères au pays. Plus
de dix millions d'Afghans - dont plus de 4 millions de femmes
- sont désormais inscrits sur les listes électorales
afin de voter lors de l'élection présidentielle
qui se tiendra le mois prochain. A ceux qui se demanderaient encore
si les sociétés musulmanes peuvent être démocratiques,
le peuple afghan est en train de donner sa réponse.
Depuis la dernière Assemblée générale,
le peuple irakien a recouvré sa souveraineté.
Aujourd'hui, en cet hémicycle, le premier ministre de l'Irak
et sa délégation représentent un Etat qui
a rejoint la communauté des nations. Le gouvernement du
premier ministre Allaoui mérite le soutien de tout pays
qui croit à l'autodétermination et qui désire
la paix. Et en vertu des résolutions 1511 et 1546 du Conseil
de sécurité, le monde lui assure ce soutien. L'ONU
et ses Etats membres doivent répondre à la demande
du premier ministre Allaoui et faire davantage pour contribuer
à l'instauration d'un État irakien sûr, démocratique,
fédéral et libre.
Or, un Irak démocratique a des ennemis acharnés car les terroristes connaissent les enjeux dans ce pays. Ils savent que l'existence d'un Irak libre au cur du Moyen-Orient portera un coup décisif à leurs ambitions dans cette région. C'est pourquoi un groupement terroriste associé à Al-Qaïda est devenu l'un des groupes principaux qui tuent les innocents en Irak aujourd'hui, se livrant à une campagne d'attentats à la bombe contre des civils et à la décapitation d'hommes ligotés. Les forces de
la coalition en Irak affrontent les terroristes et les combattants
étrangers afin que les nations pacifiques du monde n'aient
jamais à les affronter à l'intérieur de leurs
propres frontières.
Notre coalition soutient une force irakienne de sécurité
grandissante et à laquelle l'Alliance de l'OTAN dispense
une formation vitale. En outre, plus de 35 Etats ont consacré
des fonds et des experts à la reconstruction de l'infrastructure
irakienne. Et tandis que le gouvernement provisoire d'Irak prépare
des élections nationales, des responsables des Nations
unies aident les Irakiens à bâtir l'infrastructure
de la démocratie. Ces personnes généreuses,
dignes héritières du legs extraordinaire de Sergio
Vieira de Mello, accomplissent un travail héroïque.
Comme nous l'avons observé dans d'autres pays, l'une
des grandes visées du terrorisme est de saper, perturber
et influencer les résultats d'élections. Nous prévoyons
que les attaques terroristes s'aggraveront en Afghanistan et en
Irak à mesure que se rapprochera leur jour de scrutin national.
Le travail qui nous attend est exigeant. Mais ces difficultés
n'ébranleront pas notre conviction que l'avenir de l'Afghanistan
et de l'Irak est un avenir de liberté. La bonne attitude
face à toute difficulté n'est pas la retraite, mais
de l'emporter.
La cause de la liberté a toujours un prix, que
paient les plus courageux d'entre nous. L'Amérique pleure
ses pertes et celles de beaucoup d'autres nations. Aujourd'hui,
j'affirme à tout ami de l'Afghanistan et de l'Irak, ainsi
qu'à tout ennemi de la liberté, que nous nous tiendrons
aux côtés des peuples afghan et irakien jusqu'à
ce que leurs espoirs de liberté et de sécurité
se réalisent.
Ces deux pays seront un modèle au sein du Moyen-Orient
élargi, cette région où des millions d'êtres
humains se voient privés de leurs droits fondamentaux et
de justice élémentaire. Depuis trop longtemps, beaucoup
de pays, dont le mien, ont toléré, voire excusé
l'oppression au Moyen-Orient au nom de la stabilité. L'oppression
s'est étendue, mais la stabilité n'est jamais arrivée.
Nous devons adopter une approche différente. Nous devons
aider, au Moyen-Orient, les réformateurs qui uvrent pour la liberté et nous efforcer de construire une communauté de nations pacifiques et démocratiques.
Cet engagement à la réforme démocratique
est une condition essentielle de la solution du conflit israélo-arabe.
La paix ne proviendra pas de dirigeants palestiniens qui intimident
l'opposition, tolèrent la corruption et maintiennent des
liens avec des groupes terroristes. Le peuple palestinien a trop
souffert et mérite mieux. Il lui faut des dirigeants capables
de créer et de gouverner un Etat palestinien libre et en
paix.
Même après les revers et les déceptions
des derniers mois, il est encore possible, avec de la bonne volonté
et de la persévérance, d'accomplir la promesse de
la feuille de route pour la paix. Ceux qui souhaitent diriger
un nouvel État palestinien doivent adopter des moyens pacifiques
de faire triompher les droits de leur peuple et de créer
les institutions réformées d'une démocratie
bien assise. Les Etats arabes doivent mettre fin aux provocations
de leurs propres médias, couper le financement public et
privé du terrorisme et établir des relations normales
avec Israël. Israël, pour sa part, doit imposer le gel
des implantations, démanteler les peuplements illégaux,
mettre fin à l'humiliation quotidienne du peuple palestinien
et éviter toute action susceptible de compromettre des
négociations finales. Enfin, les dirigeants de par le
monde doivent renoncer à tout soutien et à toute
aide en faveur d'un chef palestinien quelconque qui faillit à
son peuple et qui trahit sa cause.
On voit croître partout, en fait, les espoirs démocratiques
qui s'étendent au Moyen-Orient. Rappelons-nous les
paroles de la promotrice birmane de la démocratie, Aung
San Suu Kyi : "Nous n'acceptons pas l'idée selon laquelle
la démocratie serait une valeur occidentale. Bien au contraire
: la démocratie signifie simplement un bon gouvernement
fondé sur la responsabilité et la transparence".
Ici aux Nations unies, vous savez que c'est vrai. Ces dernières
années, cette organisation a contribué à
la création d'une nouvelle démocratie au Timor oriental,
et elle a aidé d'autres Etats encore à réaliser
leur transition vers l'autogouvernement.
Parce que je suis persuadé que la voie de la liberté
est le chemin qui mène à un monde meilleur et plus
sûr, je propose aujourd'hui la création, au sein
des Nations unies, d'un Fonds pour la démocratie.
Voici un but éminemment noble pour cette grande organisation
: ce fonds aiderait les pays à poser les fondements de
la démocratie en instituant un Etat de droit doté
de tribunaux indépendants, d'une presse libre, de partis
politiques et de syndicats de travailleurs. L'argent de ce fonds
aiderait également à créer des circonscriptions
électorales et des bureaux de vote et à appuyer
le travail des observateurs du scrutin. Comme preuve de leur attachement
à ce nouveau Fonds pour la démocratie, les Etats-Unis
y verseront une contribution initiale. J'invite les autres pays
à y contribuer également.
Je vous ai présenté, aujourd'hui, un vaste programme conçu pour promouvoir la dignité humaine et pour améliorer la sécurité de tous les Etats. La défaite du terrorisme, la protection des droits de l'homme, la propagation de la prospérité, le progrès de la démocratie : toutes ces causes, tous ces idéaux nous appellent à une grande uvre au cur de notre monde. Chacun de nous, agissant seul, est limité dans ses réalisations. Ensemble, nous pouvons accomplir beaucoup plus.
L'histoire honorera les nobles idéaux de cette organisation,
que sa charte établit clairement : "préserver
les générations futures du fléau de la guerre",
"proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux
de l'homme", "favoriser le progrès social et
instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté
plus grande".
Que l'histoire enregistre également que notre génération
de dirigeants a pratiqué ces idéaux, même
dans l'adversité. Que l'histoire nous apprenne que dans
une décennie décisive, les membres des Nations unies
ne se sont pas découragés face à leurs responsabilités
et n'ont pas vacillé devant la nécessité
de les tenir. Je suis sûr, en effet, que ce jeune siècle
sera celui de la liberté. Je sais que nous saisirons ce
moment car je connais la force de caractère de tant de
nations et de dirigeants représentés ici aujourd'hui.
Et je crois au pouvoir transformateur de la liberté.
Que Dieu vous bénisse.
Sources : Nations unies, New York; Département d'Etat, Washington, septembre 2004.
