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NATIONS UNIES, NEW YORK, SEPTEMBRE 2005 / LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT
__Déclaration sur les sources innovantes de financement du développement
A l'initiative du président brésilien Luiz
Inácio Lula da Silva, nous nous sommes réunis
le 20 septembre 2004 à New York pour décider
comment poursuivre notre action contre la faim et la pauvreté
et augmenter en conséquence les financements en faveur
du développement.
Depuis lors, des progrès importants ont été
réalisés. La lutte contre la faim et la pauvreté
s'est intensifiée. La communauté internationale
s'est penchée avec une attention accrue sur les sources
innovantes de financement. Ce thème est désormais
régulièrement abordé dans les débats
menés aux Nations unies sur le financement du développement.
Il figure désormais à l'ordre du jour des réunions
des institutions financières internationales et d'autres
grands forums internationaux.
Nos pays sont résolus à traduire nos engagements
financiers communs en avancées concrètes. Nous sommes
convaincus que dans de nombreux pays, les Objectifs du Millénaire
pour le développement ne pourront pas être atteints
si le niveau de l'aide reste ce qu'il est aujourd'hui.
Il est urgent d'augmenter les ressources affectées
à la lutte contre la faim et la pauvreté, grâce
à une mobilisation accrue des ressources propres aux PED,
à un système commercial international ouvert et
équitable et à une augmentation de l'aide publique
au développement. Les mécanismes innovants de financement
peuvent à cet égard jouer un grand rôle, en
conjonction et en addition aux sources plus traditionnelles de
financement.
Dans les pays en développement, une mobilisation
plus active est nécessaire. Il est possible d'y parvenir
en favorisant la bonne gestion des affaires publiques et en agissant
contre la corruption, en mettant en uvre des politiques appropriées
afin d'encourager l'activité du secteur privé, de
même qu'en améliorant la collecte des impôts
et en réduisant l'évasion fiscale. Les efforts actuellement
menés pour lutter contre l'évasion fiscale ne devront
connaître aucun relâchement.
Il est clair que l'aide publique au développement est
essentielle à toute stratégie de développement,
en particulier dans les pays les plus pauvres. Nous appelons donc
tous les pays développés à s'efforcer de
parvenir, d'ici 2015, à un niveau d'aide publique au
développement de 0,7 % de leur PIB, objectif que certains
d'entre eux ont d'ores et déjà adopté ou
atteint.
Ce n'est pas seulement de ressources supplémentaires
dont nous avons besoin, mais aussi de ressources d'un nouveau
type. La qualité de l'aide importe tout autant que
son montant. Nous sommes convaincus que des flux d'aide plus stables
et plus prévisibles accroîtraient considérablement
l'efficacité de l'aide et son incidence sur la pauvreté.
Ils aideraient à la mise en place de politiques de développement
plus responsables et mieux maîtrisées par les pays
bénéficiaires. Pour atteindre cette stabilité
et cette prévisibilité, diverses options sont disponibles,
parmi lesquelles l'allocation de droits de tirage spéciaux
et des mesures coordonnées pour encourager les contributions
privées volontaires.
Nous continuerons à examiner la Facilité internationale
de financement (assortie, le cas échéant, de
mécanismes de refinancement), qui a été présentée
par le gouvernement britannique, et qui a reçu le soutien
d'un groupe de pays.
Nous soutenons la création de prélèvements
internationaux comme élément du système
de financement du développement. Nous sommes résolus
à poursuivre la recherche d'un consensus sur ce sujet.
Ces contributions seraient prélevées au niveau national
et feraient l'objet d'une coordination au niveau international.
Elles sont particulièrement appropriées dans les
domaines où le besoin de stabilité et de prévisibilité
est le plus grand et sur une longue durée. Elles assureraient
sur le long terme la continuité du financement du développement.
Les transferts des migrants jouent un rôle central dans
le développement des pays en développement, qui
en sont le principaux bénéficiaires, à hauteur
de 65% du total. Pour l'ensemble de ces pays, ces transferts représentent
la deuxième principale source de capitaux. Réduire
le coût de ces transferts est donc une priorité urgente.
Dans ce but, un projet de résolution est en préparation
pour examen par l'Assemblée Générale des
Nations unies. Nous comptons aussi lancer des initiatives concrètes,
basées sur les travaux récents de certains pays
et d'organisations internationales, dans ce domaine.
Dans l'immédiat, nous travaillerons ensemble
pour approfondir et développer le projet pilote de contribution
de solidarité sur les billets d'avion en faveur d'un
développement global et durable, tel que soutenu par l'Allemagne,
le Brésil, le Chili et la France. Ce projet a pour objectif
de lutter contre la faim et la pauvreté et de financer
le développement durable au niveau mondial, notamment en
ce qui concerne la lutte contre le VIH/sida et les autres pandémies.
Ce mécanisme reposerait sur une contribution de solidarité
d'un faible montant qui serait prélevée sur les
billets d'avion délivrés aux passagers décollant
du territoire des pays participants. Ce faisant, chacun de ces
pays aurait la faculté d'établir, en fonction de
ses priorités nationales et compte tenu, le cas échéant,
de critères économiques, sociaux et écologiques,
une différenciation entre les billets de première
classe ou de classe affaires et ceux de classe économique,
ainsi qu'entre les vols internes et les vols internationaux. Il
conviendra de prendre en considération les différences
de capacités entre pays développés et pays
en développement. Le montant de cette contribution devra
être fixé de manière à en réduire
le plus possible l'incidence sur les entreprises de transport
aérien, l'activité touristique et les usagers.
Du point de vue juridique, ce mécanisme combinerait
le prélèvement des contributions au niveau de chaque
pays et leur coordination au niveau international. Les pays participants
définiraient les modalités de leur coopération
conformément à leur législation nationale.
Nous sommes convenus de rechercher la participation du plus
grand nombre possible de pays au mécanisme ainsi projeté,
formant ainsi une "masse critique" permettant de réduire
tout éventuel effet résiduel sur la concurrence
et d'accroître l'efficacité du mécanisme.
Pour les mêmes raisons, les passagers en transit devraient
être exemptés de cette contribution de solidarité.
Nous continuerons à travailler ensemble pour approfondir
et faire avancer les projets de contributions de solidarité,
au premier rang desquels la contribution prélevée
sur les billets d'avion. Nous nous félicitons de la proposition
faite par la France d'accueillir, d'ici à février
2006, une réunion de haut niveau consacrée à
cette initiative, ainsi que de l'engagement pris par certains
pays d'ouvrir la voie en instituant cette contribution sur les
billets d'avion aussitôt que possible en 2006.
Nous restons pleinement engagés dans la lutte contre
la faim et la pauvreté comme priorité de la communauté
internationale. Nous sommes convaincus que les sources innovantes
de financement constitueront un instrument essentiel dans cette
lutte. Nous espérons fermement que tous les pays et
toutes les institutions qui partagent notre ambition se joindront
à nous dans cet effort.
New York, 14 septembre 2005.
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