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MADRID, 10 MARS 2005 / LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME
__Kofi Annan propose une stratégie globale pour lutter contre le terrorisme à l'échelle mondiale
Kofi Annan, a proposé le 10 mars 2005, à
Madrid, une stratégie globale respectueuse "des droits
de l'homme et de la primauté du droit", pour lutter
contre le terrorisme, "une des principales menaces qui pèsent
aujourd'hui sur l'humanité".
S'adressant à la conférence internationale sur
la "Démocratie et le terrorisme" organisée
pour le premier anniversaire des attentats de Madrid qui ont fait
191 morts et 1'900 blessés, le secrétaire général
des Nations unies a affirmé que de nombreuses mesures
adoptées par les Etats pour lutter contre le terrorisme,
"constituent une atteinte aux droits de l'homme et aux
libertés fondamentales". Le respect de ces droits
"est un élément essentiel" de la lutte
contre le terrorisme, a-t-il souligné.
Il n'a pas nommé les Etats concernés, mais les
Etats-Unis ont été fortement critiqués par
plusieurs participants à la conférence pour leur
conception des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme,
notamment en ce qui concerne le centre de détention de
la base américaine de Guantanamo (Cuba). Kofi Annan
a exhorté les Etats à adopter "une approche
commune pour combattre le terrorisme", à rechercher
"une concordance de vues sur la nature de la menace"
et à surmonter "les dissensions et les atermoiements
dans les négociations portant sur la définition
de la notion de terrorisme, qui depuis trop longtemps affaiblissaient
l'autorité morale" des Nations unies.
Une convention prohibant le terrorisme sous toutes ses formes
Le secrétaire général des Nations unies
a présenté cinq éléments qui constituent,
selon lui, les grands axes d'une stratégie globale
pour lutter contre le terrorisme à l'échelle mondiale
et qui engage les Etats membres à suspendre les débats
politiques sur le "terrorisme d'Etat" et le "droit
de résister à l'occupation", afin de conclure
au plus vite une convention prohibant le terrorisme sous
toutes ses formes. Il a aussi rappelé que la défense
des droits de l'homme était au premier rang de ce combat.
Pour lutter contre le terrorisme, il a énoncé
"une stratégie détaillée" qui comprend
les points suivants :
- "faire comprendre aux groupes marginalisés
que le terrorisme n'est pas une tactique acceptable pour atteindre
leurs objectifs,
- dénier aux terroristes l'accès aux moyens
qui leur permettent de mener leurs attaques, dissuader les Etats
de soutenir des terroristes,
- renforcer les capacités de l'Etat en matière
de prévention du terrorisme,
- défendre les droits de l'homme dans le cadre de
la lutte contre le terrorisme.
Kofi Annan exhorté les dirigeants du monde entier à
se rallier à la définition établie
par le Groupe de personnalités de haut niveau dans le rapport
sur les menaces, les défis et le changement publié
en décembre2004. Le Groupe préconisait une définition
dans laquelle on indiquerait clairement que serait qualifié
de terrorisme "tout acte commis dans l'intention de causer
la mort ou des blessures graves à des civils ou à
des non-combattants, qui a pour objet d'intimider une population
ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale
à accomplir un acte ou à s'abstenir de le faire".
Le Secrétaire général a souligné que "non seulement les dirigeants politiques, mais aussi les dirigeants religieux et ceux de la société civile devaient dénoncer ouvertement la tactique du terrorisme comme étant criminelle et inexcusable", faisant observer que "la véritable cause première du terrorisme résidait dans le fait que les groupes terroristes étaient convaincus que leur tactique était efficace et approuvée au moins par ceux au nom desquels ils prétendaient agir".
KOFI ANNAN PROPOSE UNE STRATEGIE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME
Eléments clefs : accord sur une convention, respect
des droits de l'homme et renforcement des capacités de
l'Etat en matière de prévention
Vous trouverez ci-après le texte de l'allocution prononcée
par le secrétaire général des Nations unies,
Kofi Annan, le 10 mars 2005, à Madrid, à
la séance plénière de clôture du Sommet
international sur la démocratie, le terrorisme et la sécurité.
Si vous m'avez invité à parler aujourd'hui, c'est
parce que le terrorisme est une menace qui pèse sur tous
les Etats et tous les peuples. Il peut frapper à tout moment,
partout dans le monde.
Le terrorisme est une attaque directe contre les valeurs
essentielles que défendent les Nations Unies : la primauté
du droit, la protection des civils, le respect mutuel entre les
peuples de confessions et de cultures différentes; et le
règlement pacifique des conflits.
Il est donc tout à fait justifié que l'Organisation
des Nations unies joue un rôle de premier plan dans la lutte
contre ce fléau et d'abord en proclamant haut et fort que
le terrorisme n'est jamais acceptable, n'est jamais justifié,
quelle que soit la cause.
De la même façon, les Nations unies doivent continuer
d'insister pour que dans la lutte contre le terrorisme, on ne
compromette pas ces valeurs essentielles. Il faut en particulier
toujours respecter les droits de l'homme et la primauté
du droit. Il me semble que le terrorisme est en soi une atteinte
directe aux droits de l'homme et à l'Etat de droit.
Si nous sacrifions les droits de l'homme et la primauté
du droit dans les mesures que nous prenons, nous faisons précisément
le jeu des terroristes. 
Comme le terrorisme est manifestement une des principales menaces
qui pèsent aujourd'hui sur l'humanité, il fallait
qu'il fasse l'objet d'un examen détaillé dans le
rapport intitulé "Un monde plus sûr -
notre responsabilité commune" établi
par le Groupe de haut niveau que j'ai constitué pour étudier
les menaces mondiales et recommander les changements à
apporter au système international.
Ce groupe m'a demandé de promouvoir une stratégie
détaillée, fondée sur des principes. C'est ce que j'ai l'intention de faire. Le moment me semble venu d'exposer les principaux éléments de cette stratégie et le rôle des Nations unies dans leur mise en uvre :
- d'abord, décourager les groupes de mécontents
de choisir le terrorisme comme tactique pour atteindre leurs
objectifs,
- deuxièmement, dénier aux terroristes les moyens
de mener à bien leurs attaques;
- troisièmement, dissuader les Etats de soutenir les terroristes,
- quatrièmement, développer la capacité des
Etats de prévenir le terrorisme,
- et cinquièmement, défendre les droits de l'homme
dans la lutte contre le terrorisme.
Depuis de nombreuses années, l'Organisation des Nations
unies joue un rôle décisif dans tous ces domaines
et a remporté des succès notoires. Mais nous devons
faire plus et mieux.
Commençons par le premier "D",
la nécessité de décourager les groupes de
mécontents de choisir le terrorisme.
Ces groupes ont recours au terrorisme parce
qu'ils sont convaincus que cette méthode est efficace et
que les gens les approuveront, du moins ceux au nom de qui ils
prétendent agir. Cette conviction est la vraie cause du
terrorisme. Notre tâche est de montrer sans équivoque
qu'ils sont dans l'erreur.
Nous ne pouvons et nous ne devons pas chercher
à satisfaire à toutes les revendications que les
terroristes prétendent porter. Mais nous devons convaincre
tous ceux qui pourraient être tentés de soutenir
le terrorisme que celui-ci n'est ni un moyen acceptable ni un
moyen efficace de défendre leur cause. Toutes les autorités
morales et politiques doivent affirmer clairement que le terrorisme
est inacceptable dans toutes les circonstances et dans toutes
les cultures.
L'Organisation des Nations unies et ses institutions spécialisées ont joué un rôle central dans la négociation et l'adoption de douze traités internationaux contre le terrorisme. Le moment est venu d'achever
la rédaction d'une convention interdisant le terrorisme
sous toutes ses formes.
Trop longtemps, l'autorité morale des Nations
unies dans la lutte contre le terrorisme a été affaiblie
par le spectacle de négociations indûment prolongées.
Le rapport du Groupe de haut niveau nous offre un moyen de mettre
un terme à ces arguties. Nous n'avons pas à déterminer
si les Etats peuvent ou non être reconnus coupables de terrorisme,
car l'utilisation délibérée de la force armée
par un Etat contre des civils est déjà formellement
interdite en droit international. Quant au droit de résistance
à l'occupation, il doit être compris dans son sens
véritable. Il ne saurait en aucun cas inclure le droit
de tuer ou de blesser délibérément des civils.
Le Groupe de haut niveau appelle de ses vux une définition
du terrorisme qui indiquerait clairement que tout acte constitue
un acte de terrorisme si son intention est de causer la mort ou
de blesser gravement des civils et des non-combattants dans le
but d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement
ou une organisation internationale à accomplir un acte
ou à s'abstenir de le faire. Je suis convaincu de la force
morale de cette proposition, et je demande instamment aux dirigeants
du monde entier de s'y rallier.
Les dirigeants politiques, comme la société
civile et les dirigeants religieux, devraient dénoncer
sans réserve les tactiques utilisées par les terroristes
comme criminelles et inexcusables. La société
civile a déjà mené de remarquables campagnes
contre les mines terrestres, contre le recrutement d'enfants soldats
et contre l'impunité des crimes de guerre. Je voudrais
voir une campagne aussi vigoureuse s'organiser à l'échelle
mondiale contre le terrorisme.
Enfin, nous devons nous soucier davantage des victimes
du terrorisme et nous assurer que leur voix est bien entendue.
Aux Nations unies, nous sommes particulièrement conscients
de cet aspect des choses, car nous avons perdu des collègues
qui nous étaient chers durant une attaque terroriste, il
y a deux ans à Bagdad. En octobre [2004], le Conseil de
sécurité dans sa résolution 1566 (2004) a
proposé la création d'un fonds international
d'indemnisation des victimes d'actes de terrorisme et des
membres de leurs familles dont les ressources proviendraient en
partie des avoirs confisqués aux organisations terroristes,
à leurs membres et commanditaires. Il faut d'urgence donner
suite à cette proposition.
J'en viens au deuxième D : dénier aux
terroristes les moyens d'accomplir leurs attaques. Cela signifie
rendre difficiles leurs déplacements, les empêcher
de recevoir un appui financier ou d'acquérir des matières
fissiles ou radiologiques.
Ici, les Nations unies ont déjà fait beaucoup. La Convention des Nations unies sur la répression
du financement du terrorisme est en vigueur depuis trois ans.
Et le Conseil de sécurité a depuis longtemps imposé
des sanctions financières et des restrictions en matière
de voyages contre les membres d'Al-Qaida et les entités
associées. Mais nous devons veiller à ce que ces
sanctions soient appliquées dans leur intégralité.
Nous devons également agir avec efficacité
contre le blanchiment d'argent. Ici, l'Organisation des Nations
unies pourrait adopter et promouvoir les huit recommandations
spéciales sur le financement du terrorisme établies
par le Groupe d'action financière de l'OCDE.
La chose la plus importante peut-être est d'interdire
aux terroristes l'accès aux matières fissiles.
Le terrorisme nucléaire est encore souvent traité
comme relevant de la science-fiction. Je voudrais qu'il en soit
ainsi. Mais malheureusement, nous vivons dans un monde où
il y a surabondance de matières dangereuses et un grand
savoir-faire technologique et où certains terroristes affirment
clairement leur intention de commettre des attentats aux proportions
catastrophiques. Si une attaque de ce type avait lieu, non seulement
elle ferait un grand nombre de morts et entraînerait de
grandes destructions, mais en outre elle ébranlerait l'économie
mondiale et plongerait des dizaines de millions de gens dans la
misère. Etant donné la relation qui existe entre
pauvreté et mortalité infantile, il ne fait pas
de doute qu'une attaque terroriste nucléaire ferait une
deuxième vague de victimes dans les pays en développement.
Qu'une telle attaque n'ait pas encore eu lieu ne doit pas nous inciter à baisser la garde. Au contraire, il y a là une dernière chance de prendre des mesures préventives efficaces.
Cela signifie rassembler, sécuriser et éliminer,
chaque fois que possible, les matières potentiellement
dangereuses, ainsi qu'en contrôler l'exportation de
manière efficace. Le G-8 comme le Conseil de sécurité
ont pris à cette fin des mesures importantes et cherchent
à combler les lacunes qui peuvent persister encore dans
le régime de la non-prolifération nucléaire.
Nous devons nous assurer que ces mesures seront appliquées
dans leur intégralité et qu'elles se renforceront
mutuellement. Je demande instamment aux Etats membres de l'Organisation
des Nations unies de parachever et d'adopter sans retard la Convention
internationale contre le terrorisme nucléaire. Et j'applaudis
aux efforts de l'Initiative de sécurité contre la
prolifération, qui cherche à boucher toutes les
brèches pouvant exister dans nos défenses.
Mon troisième D est la nécessité
de dissuader les Etats de soutenir les groupes terroristes.
Par le passé, les Nations unies n'ont pas
hésité à interpeller les Etats qui accueillaient
et aidaient les terroristes, et le Conseil de sécurité
a adopté à maintes reprises des sanctions. De fait,
c'est en grande partie grâce à ces sanctions que
plusieurs Etats qui, par le passé, soutenaient les terroristes,
ont renoncé à le faire.
> Cette attitude ferme doit être non seulement
maintenue mais encore renforcée. Tous les Etats doivent
savoir que s'ils apportent un appui, quel qu'il soit, à
des terroristes, le Conseil n'hésitera pas à adopter
des mesures coercitives à leur encontre.
Le quatrième D est développer la capacité
des Etats de prévenir le terrorisme.
Les terroristes profitent de la faiblesse de certains
Etats qu'ils utilisent comme sanctuaire, où ils peuvent
se cacher pour ne pas être arrêtés et former
ou recruter des complices. Faire en sorte que tous les Etats soient
à la fois plus capables et plus responsables doit donc
être un des éléments clefs de la lutte menée
au niveau mondial contre le terrorisme. Cela veut dire qu'il faut
encourager la bonne gouvernance et, par-dessus tout, l'état
de droit et que les forces de police et de sécurité
doivent faire preuve de professionnalisme et respecter les droits
de l'homme.
Les Nations unies ont déjà fait beaucoup à cet égard. Par sa résolution 1373, le Conseil de sécurité a demandé à tous les Etats de prendre d'importantes mesures pour prévenir le terrorisme, et le Comité contre le terrorisme suit la façon dont ils appliquent cette résolution.
Toutefois, de nombreux pays pauvres n'ont pas les moyens d'acquérir les capacités nécessaires. Ils ont besoin d'être aidés. La nouvelle direction du Comité contre le terrorisme évaluera leurs besoins et élaborera une approche globale en matière d'assistance technique.
Tous les Etats doivent être en mesure d'adopter et de mettre en place un système efficace de justice
pénale. L'Office des Nations unies contre la drogue
et le crime a acquis une expérience dans ce domaine et
est prêt à faire plus encore.
Le Programme des Nations unies pour le développement
se consacre de plus en plus aux questions de gouvernance qui,
nous le savons désormais tous, sont un facteur décisif
du développement, et notre Division de l'assistance électorale
est de plus en plus fréquemment appelée à
participer à l'organisation d'élections, souvent
à un tournant dans l'histoire des pays concernés,
comme on a pu le voir récemment en Afghanistan, en Iraq
et au Burundi ainsi que dans le Territoire palestinien. J'espère
que les Etats membres contribueront désormais à
cette action, ainsi que l'a suggéré le président
Bush devant l'Assemblée générale en septembre
[2004], en participant à un fonds destiné à
aider les pays à instaurer ou à renforcer la démocratie.
Il est plus facile pour les groupes terroristes de trouver de nouvelles recrues parmi les populations qui n'ont qu'une vision limitée ou faussée du monde. Nous devons donc aider les Etats à offrir à leurs citoyens
une éducation moderne, qui encourage la curiosité
scientifique et la liberté de pensée. L'UNESCO a
déjà accompli un travail important à cet
effet, mais il reste encore beaucoup à faire.
Il n'y a guère de menace plus grave que le terrorisme biologique et le risque de voir une maladie
mortelle se répandre dans le monde entier en quelques jours
pour illustrer à quel point il est absolument essentiel
de renforcer la capacité des Etats. Pas plus les Etats
que les organisations internationales ne se sont adaptés
au monde nouveau des biotechnologies, qui sont pleines de promesses
mais aussi de dangers. Il y aura bientôt des dizaines de
milliers de laboratoires de par le monde capables de produire
sur mesure des micro-organismes dotés d'un potentiel mortel
terrifiant.
Tous les experts s'accordent à dire que la meilleure défense contre ce danger consiste à renforcer
les capacités en matière de santé publique.
En dépit d'un budget dérisoire, le réseau
mondial OMS d'alerte et d'action rapide en cas d'épidémie
a accompli un travail impressionnant en ce qui concerne la surveillance
des épidémies de maladies infectieuses et la lutte
contre ces épidémies. Mais en cas d'épidémie
de grande ampleur, qu'elle soit naturelle ou provoquée
par l'homme, ce sont les services de santé locaux qui seront
en première ligne. Or, dans de nombreux pays pauvres, ces
services, lorsqu'ils existent, n'ont pas les moyens nécessaires.
Il faut donc lancer une initiative majeure dans ce domaine.
Le cinquième D enfin, mais qui n'est pas pour
autant le moins important, est la défense des droits de
l'homme.
Je dois malheureusement dire que les spécialistes des droits de l'homme, y compris ceux du système des Nations Unies, considèrent tous, sans exception, que nombre de mesures qu'adoptent actuellement les Etats pour lutter contre le terrorisme constituent une atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales.
Les instruments relatifs aux droits de l'homme
laissent de larges possibilités en matière de lutte
contre le terrorisme, même dans les circonstances les plus
exceptionnelles, et porter atteinte aux droits de l'homme ne saurait
contribuer à la lutte contre le terrorisme. Au contraire,
cela permet aux terroristes d'atteindre plus facilement leur objectif,
en donnant l'impression que la morale est dans leur camp, et en
créant des tensions, en suscitant la haine et la méfiance
à l'égard du gouvernement précisément
chez ceux parmi lesquels les terroristes sont le plus susceptibles
de trouver de nouvelles recrues.
Le respect des droits de l'homme non seulement
est compatible avec les stratégies de lutte contre le terrorisme,
mais il en est un élément essentiel.
Je soutiens donc vivement la récente proposition visant à créer un rapporteur spécial sur
la compatibilité entre les mesures de lutte contre le terrorisme
et les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme,
qui ferait rapport à la Commission des droits de l'homme.
Voilà, brièvement décrits, les éléments
les plus importants d'une stratégie globale de lutte
contre le terrorisme.
Tous les départements et organismes des Nations unies peuvent contribuer à la mise en uvre d'une telle stratégie et doivent le faire. Je vais constituer, au sein de mon cabinet, une équipe spéciale qui se réunira périodiquement pour examiner la façon dont l'ensemble du système des Nations unies traite la question du terrorisme et les questions connexes et s'assurer que chacun joue son rôle.
Demain matin [11 mars 2005], nous nous recueillerons, dans
la tristesse, et en communion avec toute l'Europe et le reste
du monde, pour honorer la mémoire des 192 personnes innocentes
assassinées brutalement par les terroristes lors de l'attentat
inexcusable survenu ici, à Madrid, il y a exactement un
an. Nous affirmerons notre solidarité avec leurs familles
et leurs amis, avec les près de 2'000 autres personnes
également innocentes blessées lors de ces attentats
ainsi qu'avec le peuple espagnol qui a tellement souffert du terrorisme
au cours des 30 dernières années sans pour autant
renier ses convictions démocratiques.
Nous nous souviendrons également des victimes du
11 septembre 2001 et de celles des attentats terroristes de
Dar es-Salaam, Nairobi, Tel-Aviv, Bali, Istanbul, Riyad, Casablanca,
Bagdad, Bombay, Beslan - de toutes les victimes du terrorisme,
où qu'elles se trouvent, quelle que soient leur nationalité,
leur race ou leur croyance.
Certaines blessures se cicatrisent avec le temps, mais d'autres
ne se cicatriseront jamais véritablement. C'est tout particulièrement
vrai des conséquences psychologiques de ces attentats pour
les survivants, qu'ils aient été blessés
dans leur chair ou qu'ils aient perdu un être cher.
Pour les victimes, partout dans le monde, nos paroles ne peuvent
apporter qu'un maigre réconfort. Elles savent que seuls
ceux qui ont également été directement frappés
peuvent véritablement partager leur douleur. Le moins que
nous puissions faire est de ne pas l'exploiter. Il faut les respecter.
Il faut les écouter. Il faut faire tout notre possible
pour les aider.
Il faut tout faire pour que d'autres personnes ne connaissent
pas le même sort.
Surtout, il ne faut pas les oublier.
Source : Nations unies, New York, 10 mars 2005.
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