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Textes de référence - 2005


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ETATS-UNIS, FEVRIER 2005 / LE DISCOURS DU PRESIDENT AMERICAIN SUR L’ETAT DE L’UNION
__George W. Bush réaffirme sa détermination à faire progresser la liberté dans le monde

Dans son discours sur l'état de l'Union, prononcé le 2 février 2005 devant le Congrès réuni en séance plénière, George W. Bush, a déclaré que les élections du 30 janvier en Irak ouvraient "une nouvelle phase" au cours de laquelle les Etats-Unis allaient jouer de plus en plus un rôle de soutien.

"Nous concentrerons de plus en plus nos efforts sur la formation de forces de sécurité irakiennes plus capables, encadrées par d'excellents officiers, et sur la création d'une structure de commandement efficace", a déclaré le président américain dans son allocution qui a été télédiffusée en direct à la nation.

Photo Maison Blanche, 2005

Photo Maison Blanche, 2005.


Georges Bush s'est toutefois refusé à fixer un calendrier de retrait des forces américaines d'Irak, déclarant que cela risquait de faire le jeu des terroristes qui penseraient "qu'ils n'ont qu'à patienter". "Nous sommes en Irak pour parvenir à un résultat, à savoir un Etat démocratique, représentatif de tout son peuple, en paix avec ses voisins et capable de se défendre".

Il a souligné que l'engagement de son gouvernement en faveur de la liberté dans le monde, mais particulièrement au Moyen-Orient, était "mis à l'épreuve en Irak" et que les Etats-Unis s'acquittaient avec honneur de cet engagement. Il a applaudi au courage des millions d'Irakiens qui avaient bravé de lourds dangers pour participer aux élections : "Dans n'importe quelle nation, le fait de voter est un acte de responsabilité civique ; pour des millions d'Irakiens, c'était aussi un acte de courage personnel, et ils méritent le respect de nous tous". Il a rendu un hommage particulier à la militante irakienne en faveur des droits de l'homme, Safia Taleb al-Suhail, qui assistait au discours en tant qu'invitée spéciale de Laura Bush, l'épouse du président.

Au sujet du processus de paix au Proche-Orient, le président américain a déclaré que l'objectif souhaité, qui était de favoriser la coexistence pacifique de deux Etats, Israël et la Palestine, était "à portée de main" et que les Etats-Unis allaient aider les deux parties à l'atteindre. Il a indiqué qu'il demanderait au Congrès 350 millions de dollars au titre de l'aide aux réformes politique, économique et sécuritaire des Palestiniens.

Le président a également affirmé qu'il chercherait, au cours de son second mandat, à bâtir des coalitions destinées à "vaincre les dangers de notre époque". Il a demandé à la Syrie de cesser de soutenir le terrorisme et à "ouvrir la porte à la liberté".

En ce qui concerne l'Iran - "le principal Etat dans le monde à soutenir le terrorisme" -,.Il a indiqué que son gouvernement travaillait, avec ses alliés européens, à obtenir que l'Iran renonce à son programme d'armement nucléaire et à son appui au terrorisme.

La première moitié du discours a porté surtout sur les questions intérieures, en particulier la réforme du plan national de retraite qui, selon le président américain, "court à la faillite" à partir de 2042 si rien n'est fait pour y remédier. George Bush a invité le Congrès à sauver et à renforcer le plan de retraite en en examinant honnêtement toutes les options. "Je travaillerai avec les membres du Congrès en vue de dégager la combinaison la plus efficace de réformes".

L'objectif étant "une plus grande sécurité lors de la retraite", il a proposé la création de comptes de retraites personnels, qui permettraient à leurs titulaires d'investir une partie de leurs cotisations afin de faire fructifier cet argent « à un taux supérieur à tout ce que le système actuel permet d'obtenir".Up

Il a par ailleurs préconisé une réforme de l'immigration qui permettrait à des travailleurs étrangers de "remplir des emplois que les Américains ne prennent pas" et qui assurerait un meilleur contrôle aux frontières.

LES ETATS-UNIS N'ONT NI LE DROIT, NI LE DÉSIR, NI L'INTENTION D'IMPOSER LEUR FORME DE GOUVERNEMENT A QUICONQUE

Extraits de politique étrangère du discours du président Bush sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès en séance plénière le 2 février 2005.

Le régime d'immigration des Etats-Unis est […] dépassé - il ne convient plus aux besoins de notre économie et aux valeurs de notre pays. Nous ne devrions pas nous satisfaire de lois qui punissent des travailleurs assidus, désireux seulement de subvenir aux besoins de leur famille, qui privent les entreprises de travailleurs bien disposés et qui invitent le chaos à notre frontière. Le moment est venu d'adopter en matière d'immigration une politique qui permette aux travailleurs étrangers venus à titre temporaire de remplir des emplois que les Américains ne prennent pas, qui rejette toute amnistie, qui nous informe de ceux qui arrivent dans notre pays et de ceux qui en sortent et qui ferme la frontière aux trafiquants de stupéfiants et aux terroristes. […]

De concert avec ses alliés et amis, notre pays fait aussi face à l'ennemi à l'étranger, en prenant des mesures qui sont résolues, couronnées de succès et ininterrompues. Le réseau terroriste Al-Qaïda qui a attaqué notre pays a encore des chefs, mais un grand nombre de ses hauts commandants ont été éliminés. Il y a encore des Etats qui apportent un soutien aux terroristes et qui leur offrent un refuge, mais leur nombre a diminué. Il y a encore des pays qui cherchent à obtenir des armes de destruction massive, mais ils ne le font plus sans attirer notre attention et sans en subir les conséquences. Notre pays est encore la cible de terroristes qui veulent tuer de nombreuses personnes et nous intimider tous, mais nous poursuivrons notre offensive contre eux jusqu'à la victoire.

Poursuivre nos ennemis constitue une obligation essentielle de la lutte contre le terrorisme, et je remercie le Congrès d'avoir fourni à nos soldats hommes et femmes les ressources dont ils ont besoin. En cette période de guerre, nous devons continuer d'apporter un soutien aux membres de nos forces armées et de leur donner les instruments de la victoire.Up

D'autres pays du monde entier se tiennent à nos côtés. En Afghanistan, une force internationale contribue à assurer la sécurité. En Irak, 28 pays ont envoyé des contingents, l'Organisation des Nations unies et l'Union européenne ont fourni une assistance technique pour l'organisation des élections et l'OTAN joue un rôle primordial dans la mission destinée à former des officiers irakiens. Nous coopérons avec 60 Etats dans le cadre de l'Initiative de sécurité en matière de prolifération de manière à découvrir et à empêcher le transfert de matières dangereuses. Nous collaborons étroitement avec des Etats d'Asie en vue de convaincre la Corée du Nord de renoncer à ses ambitions nucléaires. Le Pakistan, l'Arabie saoudite et neuf autres pays ont capturé des terroristes membres d'Al-Qaïda. Au cours des quatre prochaines années, mon gouvernement continuera de former des coalitions qui vaincront les dangers de notre époque.

A long terme, la paix que nous recherchons ne sera établie qu'en mettant fin aux conditions qui favorisent l'extrémisme et les idéologies meurtrières. Si des régions entières du monde restent la proie du désespoir et voient la haine se répandre, elles deviendront un terrain propice au recrutement de terroristes, et le terrorisme régnera aux Etats-Unis et dans d'autres pays libres pendant des dizaines d'années. La seule force assez puissante pour stopper la montée de la tyrannie et de la terreur et remplacer la haine par l'espoir est le désir de liberté de l'homme. Nos ennemis le savent, et c'est pourquoi le terroriste Zarkaoui a récemment déclaré la guerre à ce qu'il a appelé "le principe diabolique" de la démocratie. Nous avons déclaré nos propres intentions : l'Amérique se tiendra aux côtés des alliés de la liberté afin de soutenir les mouvements démocratiques au Moyen-Orient et au-delà, avec l'objectif ultime de mettre fin à la tyrannie dans notre monde.

Les Etats-Unis n'ont ni le droit, ni le désir, ni l'intention d'imposer leur forme de gouvernement à quiconque. C'est l'une des principales différences entre nous et nos ennemis. Ils cherchent à imposer et à étendre l'empire de l'oppression, dans lequel un groupe minuscule de dirigeants brutaux autoproclamés contrôle chaque facette de la vie. Notre but est de construire et préserver une communauté de nations libres et indépendantes, dotées de gouvernements responsables devant leurs citoyens et représentatifs de leur culture. Et parce que les démocraties respectent leurs propres peuples et leurs voisins, le progrès de la liberté conduira à la paix.

Ce progrès connaît en ce moment un grand élan, confirmé par les femmes qui ont voté en Afghanistan, les Palestiniens qui ont choisi un nouveau gouvernement et les Ukrainiens qui ont affirmé leur droit démocratique d'élire un président. Nous sommes les témoins d'événements marquants de l'histoire de la liberté. Et dans les années à venir, nous ajouterons de nouveaux épisodes à cette histoire.Up

Le début de la réforme et de la démocratie dans les territoires palestiniens montre le pouvoir de la liberté de briser les anciennes habitudes de violence et d'échec. Demain matin [3 février 2005], la secrétaire d'Etat Rice entamera une tournée qui l'emmènera jusqu'en Israël et en Cisjordanie aux fins d'entretiens avec le Premier ministre Sharon et le président Abbas. Elle discutera avec eux de la façon dont nous et nos amis pouvons aider le peuple palestinien à mettre fin au terrorisme et à créer les institutions d'un Etat pacifique, indépendant et démocratique. Afin de promouvoir cette démocratie, je vais demander au Congrès 350 millions de dollars pour soutenir les réformes palestiniennes dans les domaines de la politique, de l'économie et de la sécurité. L'objectif de deux Etats démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix est à portée de la main, et l'Amérique les aidera à l'atteindre.

Afin de promouvoir la paix et la stabilité dans le grand Moyen-Orient, les Etats-Unis coopéreront avec leurs amis dans la région afin de lutter contre la menace commune qu'est le terrorisme, tout en encourageant un renforcement de la liberté. Des réformes prometteuses sont déjà en train de prendre racine dans un rayon allant du Maroc à la Jordanie, en passant par le Bahreïn. Le gouvernement d'Arabie saoudite peut prouver son ascendant dans la région en accordant à son peuple un rôle accru lorsqu'il s'agit de déterminer son avenir. Et la grande et fière nation égyptienne, qui a montré le chemin conduisant à la paix au Moyen-Orient, peut maintenant montrer le chemin qui conduira à la démocratie au Moyen-Orient.

Afin de promouvoir la paix dans le Grand Moyen-Orient, nous devons affronter des régimes qui continuent d'abriter des terroristes et cherchent à se doter d'armes de destruction massive. La Syrie permet encore que son territoire, ainsi que certaines parties du Liban, soient utilisés par des terroristes qui cherchent à détruire toute chance de paix dans la région. Vous avez adopté et nous appliquons la Loi sur la responsabilisation de la Syrie : nous attendons du gouvernement syrien qu'il cesse tout appui au terrorisme et ouvre la porte à la liberté. Aujourd'hui, l'Iran reste le principal Etat dans le monde à soutenir le terrorisme et cherche à acquérir l'arme nucléaire tout en privant son peuple de la liberté qu'il recherche et qu'il mérite. Nous nous associons à nos alliés européens pour signifier clairement au régime iranien qu'il doit renoncer à son programme d'enrichissement de l'uranium et à tout retraitement de plutonium, et mettre fin au soutien qu'il apporte au terrorisme. Au peuple irakien, je dis ce soir : vous qui voulez votre propre liberté, l'Amérique se tient à vos côtés.

Notre engagement générationnel à la cause de la liberté, notamment au Moyen-Orient, est actuellement mis à l'épreuve en Irak et nous nous en acquittons. Ce pays est un front essentiel dans la guerre contre la terreur, c'est pourquoi les terroristes ont choisi d'y livrer bataille. Nos hommes et nos femmes en uniforme se battent contre les terroristes en Irak pour que nous n'ayons pas à les affronter ici sur notre territoire. Et la victoire de la liberté en Irak renforcera ce nouvel allié dans la guerre contre le terrorisme, encouragera tous les réformateurs démocratiques, de Damas à Téhéran, apportera plus d'espoir et de progrès à une région en proie aux troubles et, ainsi, dissipera une terrible menace qui pèse sur la vie de nos enfants et de nos petits-enfants.Up

Nous réussirons parce que le peuple irakien attache une grande importance à sa propre liberté, ainsi qu'il l'a montré au monde [le 30 janvier 2005]. Aux quatre coins de l'Irak, en prenant souvent de grands risques, des millions d'Irakiens se sont rendus aux urnes et ont élu 275 hommes et femmes pour qu'ils les représentent au sein d'une nouvelle Assemblée nationale provisoire.

Une jeune femme, à Bagdad, a raconté qu'elle avait été réveillée par le son des mortiers le jour de l'élection et qu'elle s'était demandé s'il ne serait pas trop dangereux d'aller voter. Et de préciser : "En entendant ces explosions, j'ai compris que les insurgés étaient faibles, qu'ils avaient peur de la démocratie, qu'ils étaient en train de perdre [...] Je suis donc allée chercher mon mari, mes parents, et nous sommes tous allés voter ensemble". Les Américains reconnaissent cet esprit de liberté, car ils le partagent. Dans n'importe quelle nation, le fait de voter est un acte de responsabilité civique ; pour des millions d'Irakiens, c'était aussi un acte de courage personnel, et ils méritent le respect de nous tous.

L'un des grands défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme en Irak est Safia Taleb al-Suhail. De son pays, elle dit : "Nous avons été occupés pendant 35 ans par Saddam Hussein. C'était cela la vraie occupation [...] Je remercie le peuple américain qui en paye le prix [...], mais surtout les soldats". Il y a onze ans, le père de Safia a été assassiné par les services de renseignement de Saddam Hussein. Il y a trois jours, à Bagdad, Safia a finalement pu voter pour les dirigeants de son pays, et nous sommes honorés de sa présence parmi nous ce soir.

Les terroristes et les insurgés sont violemment opposés à la démocratie, et continueront à l'attaquer. Pourtant, le mythe le plus puissant des terroristes est en train de se désintégrer. Le monde entier voit que les chauffeurs des voitures piégées et les assassins ne font pas que combattre les forces de la coalition : ils essaient de détruire les espoirs des Irakiens, qui se sont exprimés lors d'élections libres. Et le monde entier sait maintenant qu'un petit groupe d'extrémistes ne réussira pas à écraser la volonté du peuple irakien.

Nous réussirons en Irak, parce que les Irakiens sont résolus à lutter pour leur liberté et à écrire eux-mêmes leur histoire. Ainsi que l'a déclaré le premier ministre Allaoui dans son allocution au Congrès, en septembre [2004] : "Les Irakiens ordinaires sont impatients [...] de porter sur leurs épaules tout le poids de la sécurité de leur pays, aussi tôt que possible". C'est le désir naturel d'une nation indépendante, et cela correspond également à la mission déclarée de la coalition en Irak. La nouvelle situation politique en Irak ouvre une nouvelle phase de notre tâche dans ce pays. Sur la recommandation de nos commandants sur le terrain et en consultation avec les autorités irakiennes, nous concentrerons de plus en plus nos efforts sur la formation de forces de sécurité irakiennes plus capables, encadrées par d'excellents officiers, et sur la création d'une structure de commandement efficace. A mesure que ces forces acquerront de l'autonomie et se doteront de responsabilités plus grandes en matière de sécurité, les Etats-Unis et leurs partenaires au sein de la coalition assumeront de plus en plus un rôle de soutien. En fin de compte, les Irakiens doivent pouvoir défendre leur pays, et nous aiderons cette nouvelle nation fière à assurer sa liberté.

Récemment, un interprète irakien demandait à un journaliste : "Dites à l'Amérique de ne pas nous abandonner". Lui et tous les Irakiens peuvent en être certains : alors que notre stratégie militaire s'adapte aux circonstances, notre engagement demeure ferme et inchangé. Nous défendrons la liberté de nos amis irakiens, et la liberté en Irak rendra l'Amérique plus sûre pour des générations à venir. Nous n'allons pas établir de calendrier artificiel de retrait, cela enhardirait les terroristes en leur faisant croire qu'ils n'ont qu'à patienter. Nous sommes en Irak pour parvenir à un résultat, à savoir un Etat démocratique, représentatif de tout son peuple, en paix avec ses voisins et capable de se défendre. Lorsque ce résultat sera atteint, nos soldats, hommes et femmes, qui servent en Irak rentreront chez eux couverts de l'honneur qu'ils y auront acquis.

Source : Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat américain [http://usinfo.state.gov/francais/].
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