Home
Textes de référence - 2006


Retour







EGLISE ORTHODOXE
RUSSE / Moscou
> Le point de vue de l'Eglise
> Entretien avec le métropolite Cyrille


EGLISE ORTHODOXE RUSSE, MOSCOU, AVRIL 2006 / RELIGION ET DROITS DE L'HOMME
__Moscou : un débat sur le thème "Droits de l'homme et dignité de la personne humaine. Point de vue de l'église et de la société"

Le métropolite Cyrille, de Smolensk et de Kaliningrad, vice-président du Congrès mondial populaire Russe et président du Département des Relations extérieures du Patriarcat de Moscou a présidé, le 28 février 2006, dans la salle de conférences du complexe hôtelier "Danilovskiï" des débats sur le thème. "Droits de l'homme et dignité de la personne humaine. Point de vue de l'église et de la société".

Ces débats étaient organisés dans le cadre des travaux du Congrès mondial populaire Russe. Leur but était de susciter des discussions approfondies sur les questions liées à la conception orthodoxe des droits de l'homme et de la dignité de la personne humaine. Il y a eu un échange d'opinions sur l'importance de ces notions dans le système des valeurs orthodoxe et laïc, pour les activités sociales de l'Eglise, pour le développement de l'Etat et de la société russe actuelle.

A ces débats ont pris part, entre autres, certains députés de la Douma d'Etat, du Conseil de la Fédération de la Fédération de Russie, des personnalités publiques connues, des défenseurs des droits de l'homme, des experts.

L'exposé principal a été prononcé par le métropolite Cyrille, de Smolensk et de Kaliningrad, vice-président du Congrès mondial populaire Russe et président du Département des Relations écclésiales extérieures du Patriarcat de Moscou.

"Est-ce que reconnaître la conception des droits de l'homme et suivre les normes qui en découlent sous la forme où elles sont appliquées dans les législations mondiales et nationales se trouve en contradiction avec le dessein de Dieu pour l'homme ? Dans quelle mesure les droits de l'homme peuvent-ils favoriser le chrétien pour vivre sa foi ou y faire obstacle ? Aujourd'hui la vie elle-même met les fidèles de l'Eglise Orthodoxe Russe face à ces questions qui sont proposées à la discussion des esprits éclairés de cette haute assemblée", a souligné le métropolite Cyrille en ouvrant les débats.

"Le concept des droits de l'homme est né et s'est développé dans les pays occidentaux avec leur propre destin historique et culturel. Il faut reconnaître que dans ces conditions il a eu des réussites mais a également révélé des défauts. Est-ce que cela signifie que les standards occidentaux d'organisation de la vie sociale et individuelle peuvent convenir de la même manière à tous les pays, tous les peuples et toutes les cultures de notre monde ? C'est que les autres civilisations ont également leur propre expérience historique positive d'organisation de la vie sociale et de création de conditions favorables pour le développement de la personnalité. N'ont-elles pas le droit de dire leur mot dans le dialogue des cultures et des civilisations, d'apporter leur contribution au trésor de l'expérience de l'humanité ? Bien entendu, elles l'ont, c'est le droit inaliénable de chaque peuple", a souligné le vice-président du Congrès mondial populaire Russe.

"Aux yeux d'un croyant qui voit en soi-même et dans son prochain l'image de Dieu, la thèse de l'humanisme libéral que le principe universel qui règle la vie sociale et individuelle c'est l'anthropocentrisme moral ne peut pas ne pas susciter des doutes. Les croyants s'élèvent contre le fait que l'être pécheur lui-même établisse et définisse ce qui est bien et ce qui est mal. Seuls les commandements de Dieu peuvent et doivent servir de base pour distinguer l'un de l'autre. A ce sujet il y a un fait très important et significatif que les principales religions du monde sont d'accord entre elles dans la définition du bien et du mal". Le métropolite Cyrille a souligné que "du point de vue des religions traditionnelles, ne peuvent être reconnues comme normes la dérision envers les choses sacrées, les avortements, l'homosexualité, les jeux de hasard, l'euthanasie et d'autres, toutes choses qui sont activement défendues et dont on fait la propagande sous prétexte de défendre les droits de l'homme".

"Les orthodoxes sont prêts à respecter le choix de vision du monde des autres peuples. Mais ils ne peuvent se taire quand on leur impose des normes qui leur sont étrangères et qui sont en contradiction avec les fondements de la foi de leurs pères. Je pense que les musulmans, les bouddhistes, les juifs et les autres sont du même avis. Pour éviter un conflit dans notre monde actuel, il est nécessaire d'effectuer un travail intense pour harmoniser les différents systèmes de conception du monde. Les principes communs de la vie de la communauté mondiale doivent être élaborés en commun par les différentes civilisations.

"Les orthodoxes sont prêts à accepter le concept des droits de l'homme et à uvrer pour son développement. Mais à condition que ces normes contribuent au perfectionnement de l'homme et non à son enracinement dans les ténèbres du péché. Le but suprême du concept des droits de l'homme, ainsi que nous le comprenons, consiste à affirmer la valeur ontologique de chaque personne, favoriser sa croissance, son développement propre et sa dignité. C'est en cela que l'on peut voir la destination principale et unique d'un tel concept du point de vue chrétien", a dit en conclusion le métropolite Cyrille.

A ces débats ont également pris la parole Monsieur A.K. Issayev, président du Comité de la Douma d'Etat et du Conseil Fédéral pour le travail et la politique sociale, V.P. Loukine, le médiateur pour les droits de l'homme en Fédération de Russie, F.V. Chélov-Kovédyayev, professeur à l'Ecole supérieure d'économie, A.I. Podbériozkine, membre du Conseil pour contribuer au développement des intérêts de la société civile et des droits de l'homme auprès du président de la Fédération de Russie.

Source : Document Représentation de l'Eglise orthodoxe russe à Strasbourg (REOR), avril 2006.
Up