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Extra-conventionnels
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Les
organes intergouvernementaux des Nations unies
[De l'Assemblée générale au Haut-Commissariat aux
droits de l'homme]
L'ASSEMBLEE
GENERALE
L'Assemblée générale est
le principal organe délibérant de l'Organisation des
Nations unies. Composée de 191 Etats membres, elle examine
les questions relatives aux droits de l'homme dont elle est saisie par
sa troisième Commission et par le Conseil économique
et social (ECOSOC) et se prononce sur ces questions.
LE CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
Le Conseil économique et social (ECOSOC), qui est composé
de 54 pays membres, adresse des recommandations à l'Assemblée
générale au sujet de questions relatives aux droits de
l'homme. Pour aider cette dernière dans ses travaux, le Conseil
a créé la Commission des droits de l'homme (1946-2006),
la Commission de la condition de la femme et la Commission
pour la prévention du crime et la justice pénale par exemple.
La Commission de la condition de la femme, composée
de 32 membres, rend compte au Conseil économique et social
de ses travaux, qui visent à promouvoir les droits de la femme
dans les domaines politique, économique, social et éducatif
et lui adresse des recommandations concernant des problèmes relatifs
aux droits de la femme qu'il faut examiner. Elle se réunit à
New York.
LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME
Le 15 mars 2006, l'Assemblée générale des
Nations unies a adopté une résolution permettant
la création d'un Conseil des droits de l'homme. Selon
le texte de la résolution, le Conseil est "chargé
de promouvoir le respect universel et la défense de tous les
droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales,
pour tous, sans aucune sorte de distinction et en toute justice et équité".
Le principe de la création du Conseil des droits de l'homme,
"en tant qu'organe subsidiaire de l'Assemblée générale",
avait été décidé par les dirigeants des
Etats membres lors du Sommet mondial de septembre 2005, sur recommandation
de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies.
Le Conseil des droits de l'homme remplace la Commission des droits
de l'homme et siége à Genève. Le Conseil compte
des représentants de 47 Etats membres des Nations unies.
"Les principaux éléments distinguant le Conseil
de la Commission des droits de l'homme sont les suivants :
la résolution de l'Assemblée générale
créant le Conseil des droits de l'homme indique explicitement
que les droits de l'homme sont l'un des trois piliers des Nations unies
aux côtés du développement, et de la sécurité
et de la paix;
le Conseil est un organe subsidiaire de l'Assemblée
générale et a ainsi un statut institutionnel plus
élevé que celui de la Commission qui était un organe
fonctionnel du Conseil économique et social;
il tient un minimum de trois sessions durant au moins
dix semaines par an, ce qui devrait renforcer le dialogue et la coopération,
et peut se réunir en sessions spéciales à
l'approbation d'un tiers de ses membres, si nécessaire et réagir
ainsi plus rapidement à des crises;
il est composé de 47 membres (la Commission en comptait
53) élus par l'Assemblée générale à
la majorité absolue pour une période de trois ans
et non rééligibles après
deux mandats consécutifs. Après six ans, un Etat doit
patienter au moins pendant un an avant de refaire acte de candidature.
La nomination s'effectue sur une base régionale équitable.
Les représentations de l'Asie et de l'Afrique seront renforcées;
afin de garantir la crédibilité du nouvel organe,
les candidats au Conseil sont invités à formuler des "engagements
volontaires" de respect des droits de l'homme;
en cas de violations graves et systématiques des droits
de l'homme, un membre peut être suspendu par une majorité
des 2/3 de l'Assemblée générale.
le Comité consultatif du Conseil des droits
de l’homme, composé de 18 experts siégeant à
titre individuel, fait office de groupe de réflexion attaché
au Conseil et travaille sous sa direction. Il sera mis en place en 2008.
il dispose d'un mécanisme d'évaluation
périodique universelle (EPU) au sein
duquel le respect des obligations en matière de droits humains
de tous les Etats, en particulier au sein des Etats membres du Conseil
(peer review), sera évalué:
La résolution 60/251 de l'Assemblée générale,
instituant le Conseil des droits de l'homme, dispose que le Conseil
aura pour vocation "de procéder à un examen
périodique universel, sur la foi d'informations objectives
et fiables, de la manière dont chaque Etat s'acquitte de ses
obligations et engagements en matière de droits de l'homme de
façon à garantir l'universalité de son action et
l'égalité de traitement de tous les Etats; se voulant
une entreprise de coopération fondée sur un dialogue auquel
le pays concerné est pleinement associé et qui tient compte
des besoins du pays en matière de renforcement de ses capacités,
cet examen viendra compléter l'ouvre des organes conventionnels
sans faire double emploi […] - article 5 (e).
La base de l'examen, ses principes et objectifs, le processus et modalités
ainsi que le document final de l'examen sont présentés
dans la résolution 5/1 du Conseil des droits de l'homme adoptée
le 18 juin 2007.
La résolution 5/1 prévoit un engagement actif des ONG
dans le mécanisme de l'EPU. L'EPU devrait "garantir la participation
de toutes les parties prenantes, y compris des organisations non gouvernementales
et des institutions nationales des droits de l'homme, conformément
à la résolution 60/251 de l'Assemblée générale
en date du 15 mars 2006 et à la résolution 1996/31 du
Conseil économique et social, en date du 25 Juillet 1996, ainsi
qu'à toute décision que le Conseil pourra prendre à
ce propos" - paragraphe 3 (m).
Les objectifs de l'EPU
Les objectifs de l'examen sont : (a) l'amélioration
de la situation des droits de l'homme sur le terrain; (b)
le respect par l'Etat de ses obligations et engagements en matière
de droits de l'homme et l'évaluation des faits nouveaux positifs
et des difficultés rencontrées; (c) le
renforcement des capacités de l'État et de l'assistance
technique en consultation avec l'Etat intéressé et avec
l'accord de celui-ci; (d) la mise en commun des meilleures
pratiques entre les Etats et les autres parties prenantes; (e)
le soutien à la coopération pour la promotion et la protection
des droits de l'homme; (f) l'encouragement à
coopérer et à dialoguer sans réserve avec le Conseil,
les autres organes des droits de l'homme, et le Haut Commissariat.
Les bases de l'EPU
Selon la resolution 60/251, l'examen sera fondé sur :
des renseignements rassemblés par l'Etat intéressé,
qui pourront être présentés sous forme d'un rapport
national, suivant les directives générales adoptées
par le Conseil à sa sixième session, et tous autres renseignements
jugés utiles par l'Etat, qui pourront être présentés
oralement ou par écrit, sous réserve que l'exposé
écrit résumant les renseignements ne dépasse pas
20 pages;
en outre, une compilation, établie par le Haut Commissariat aux
droits de l'homme, des renseignements figurant dans les rapports des
organes conventionnels, des procédures spéciales, y compris
les observations et les commentaires de l'Etat intéressé,
et d'autres documents officiels des Nations Unies, qui n'aura pas plus
de 10 pages;
d'autres informations crédibles et dignes de foi émanant
d'autres parties prenantes à l'examen périodique universel
devraient être prises en considération par le Conseil.
Le Haut Commissariat fera un résumé de ces informations
dans un document de 10 pages au maximum. La notion "d'autres parties
prenantes" à laquelle il est fait référence
comprend les organisations non gouvernementales.
Le processus
L'Examen périodique universel sera conduit au sein d'un groupe
de travail composé des 47 membres du Conseil des droits de l'homme.
Le document final de l'examen se présentera sous la forme d'un
rapport consistant en un résumé des débats, des
conclusions et/ou recommendations, et des engagements pris volontairement
par l'Etat intéressé.
Conformément à la résolution 5/1 :
les Etats sont encouragés à "procéder à
des consultations de grande envergure au niveau national avec toutes
les parties prenantes" pour rassembler les renseignements qu'ils
entendent soumettre – paragr. 15(a);
"D'autres informations crédibles et dignes de foi émanant
d'autres parties prenantes à l'examen périodique universel"
seront résumées par le Haut Commissariat des droits de
l'homme dans un document de 10 pages au maximum - paragr. 15(c);
d'autres parties intéressées pourront assister à
l'examen au sein du groupe de travail - pargra. 18 (c);
avant l'adoption du document final par le Conseil en séance plénière,
l'Etat intéressé aura la possibilité de présenter
des réponses aux questions ou aux points qui n'ont pas été
suffisamment traités pendant le dialogue. D'autres parties prenantes
intéressées auront la possibilité de faire des
observations d'ordre général avant l'adoption du document
final par le Conseil en séance plénière (para 29
et 31);
les recommandations faites à l'issue de l'examen périodique
universel, en tant que mécanisme coopératif, devraient
être appliquées au premier chef par l'Etat intéressé
et, selon qu'il conviendra, par d'autres parties prenantes intéressées
– paragr. 33.
[La Commission des droits de l'homme (CDH) était,
jusqu'en mars 2006, l'organe suprême des Nations unies
chargé de veiller au respect des droits de l'homme, ainsi que
le principal forum mondial sur ce thème.
Créée en 1946, elle comprenait 53 Etats-membres,
élus pour trois ans et représentant les cinq continents.
Elle siégeait chaque année à Genève pendant
six semaines, au printemps (mars-avril). Des experts indépendants
lui soumettaient des rapports sur les abus commis, soit par des pays,
soit dans des domaines particuliers (torture, disparitions forcées,
détention arbitraire, droits de la femme ou de l'enfant, etc.).
Chaque année, la Commission adoptait une centaine de décisions.
Le moment fort de la session était le vote, à la fin des
six semaines de réunion, de résolutions condamnant les
exactions les plus graves. Ces admonestations, à valeur symbolique
et politique, étaient redoutées par les Etats, même
si elles ne débouchaient souvent que sur l'envoi d'une mission
d'enquête.
La Commission était largement discréditée
car elle comptait parmi ses membres des pays qui violaient les droits
de l'homme. Par ailleurs, elle avait davantage tendance à condamner
les petits pays que les grandes puissances influentes.
La Commission des droits de l'homme s'était dotée de plusieurs
organes subsidiaires, dont la Sous commission de la promotion et
de la protection des droits de l'homme. Composée de 26 experts,
elle a créé des groupes de travail et nommé des
rapporteurs spéciaux chargés de l'aider dans certaines
de ses tâches.]
LE HAUT COMMISSARIAT AUX DROITS DE L'HOMME
En 1997, le programme des droits de l'homme des Nations unies
a été profondément restructuré
en vue de renforcer son impact sur la coordination des activités
menées pour les droits de l'homme dans l'ensemble du système.
Le secrétaire général a fusionné
le Bureau du Haut commissaire et l'ancien Centre
pour les droits de l'homme en un seul programme des droits de l'homme,
le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.
Le mandat du HCDH
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH)
a pour mandat de promouvoir et protéger la jouissance et l’application
par toutes les personnes de tous les droits proclamés par la
Charte des Nations Unies et dans les lois et traités internationaux
sur les droits de l’homme. Le travail du HCDH repose sur le mandat
que l’Assemblée générale lui a confié
dans sa résolution 48/141, la Charte des Nations Unies, la Déclaration
universelle des droits de l’homme et les instruments ultérieurs
sur les droits de l’homme. La Déclaration de Vienne et
le Programme d’action de la Conférence des droits de l’homme
de 1993, ainsi que sur le Document final du Sommet mondial de 2005.
Le mandat consiste à prévenir les violations des droits
de l’homme, garantir le respect de tous les droits de l’homme,
promouvoir la coopération internationale en vue de protéger
les droits de l’homme, coordonner les activités connexes
de l’ensemble des Nations Unies , et renforcer et intégrer
les droits de l’homme dans tout le système des Nations
Unies. En plus des responsabilités inhérentes à
son mandat, le Bureau dirige les efforts visant à incorporer
la perspective des droits de l’homme dans toutes les activités
déployées par les organisations des Nations Unies.
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